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La collines des elfes

(Extrait du livre " Forêt celtique, Forêt sorcière" de Marie des Bois)


n dit qu'autrefois, la Fanchon s'en allait rôder sous la lune argentée, quand le Mai fleurissait la colline, énamourée d'on ne sait quel godelureau, quel baron ou sorcier. Car, plus d'un, passsant vers la colline que les Anciens nommaient "le tertre aux fées", entendirent les trilles sautillantes d'un flutieau dans la nuit. Or, le père à la Fanchon l'avait promise au fils du meunier. Mais la belle s'en fichait comme d'une guigne et se faisait sorcière aux étoiles pour charmer celui qui l'avait envoûtée. Elle tissait, tout le jour, du lin blanc, pour se vêtir au soir en épousée du clair de lune et se fondre à la brume, main dans la main avec des êtres jolis et mutins, venus d'on ne sait quel château de brume, quel monde, quel rêve ou quel passé.
Ces terres aux fées, aux feux de joie, il en est par-ci par-là dans nos campagnes et prés des bois; croupes herbues, vertes et dodues, cachant sous leur rondeur des secrets bien enfouis, des secrets d'un autre âge, où la terre était belle, où les hommes avaient encore une âme, avec des yeux clairs et non usés par des écrans, pour s'émerveiller de tout ce qu'il y a derrière le voile restreint de l'ordinaire.
Peut-être bien que la Fanchon possédait les yeux de cette âme d'autrefois qui faisait la richesse de tous ceux qui nous ont légué les histoires, les légendes et l'espoir. Et ses pieds, chaussés de jolis sabots de bois clair vernissé savaient danser sur la colline, les soirs de Mai...
Franchement, qu'aurait-elle fait à laver des frusques du fils du Meunier qui ne savait que moudre et ronfler et compter les écus qui avaient crevé les yeux de l'âme qu'il avait bradée au diable ou à quelque saint patron des pisse-menu, des besogneux, des avares ou des jaloux !
Aussi, la sorcière aux doigts de fée avait-elle décidé de ne point se compromettre avec ce rustre et brodait sur ses calicots des fleurs d'aubépine et des coupes de soleil, des croissants de lune et des rayons de miel, pour se parer comme la fiancée du Roi de Mai et s'en aller danser dans la rosée sur la colline à l'aurore, ou au crépuscule avec les elfes et les lutins.
Car sous les tertres se cache le monde de ces êtres mutins, joyeux et savants; Et deux fois l'an , à Beltane, à Samain (1), s'ouvrent tout grand les tertres où festoie la rieuse assemblée de belles gens vêtus de feuilles et de soie, de l'ambre dans les yeux, de l'or dans les cheveux.
Le mot de passe pour entrer dans leur monde enchanté ? Avoir le coeur pur et l'âme aussi claire que l'étoile du matin. Alors, on peut boire en leurs coupes, en leurs cornes, le vin d'ambre et la miellée enivrante. Mais jamais ne faut croquer de leurs galettes dorées légères à souhait, sinon jamais ne reviendriez vers père et mère ou fiancé.
Mais qu'importait à la Fanchon, dansant sur l'herbe drue au clair de lune, diaphane dans sa robe de lin, parée comme une fée pour les beaux yeux d'un fils des elfes...
Un beau jour, dans l'herbe drue de la colline, sous la lune argentée du mois de Mai, on retrouva un joli sabot de bois clair vernissé... Des jours auparavant, il avait chaussé le pied mignon de la Fanchon...et voilà bien qu'à présent il abritait le nid d'un rouge-gorge et sa couvée pépiante... Vous ne l'avez pas vu?
Si vous passez vers les Bois de sapin et de chênes rouges, non loin de la rivière, pensez à la Fanchon aux yeux clairs, qui a su danser avec les elfes de la colline des fées, sous la lune de Mai... Un frêne, porteur de gui et de magie, couronne le tertre fleuri que l'on appelle depuis longtemps "la butte des ris", car à son pied serpente des ruisseaux coulant vers le vallon. Mais qui saura danser sur la colline au mois de Mai et avoir l'âme assez claire pour donner la main au fils des elfes?.

FIN
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Farfadets

D'où viennent les étoiles?

e vais vous dire d'où viennent les étoiles. Elles viennent d'un lieu où il n'y a pas de temps. Elles sont nées par le geste distrait d'un petit magicien, un petit génie que l'on nomme " farfadet ".
Les farfadets sont des petits êtres faits de rires et de sourires. Ils sont très petits. Les farfadets géants mesurent à peine 30cm. Les habits des farfadets sont verts. Un pantalon vert forêt, une chemise vert pomme, un veston émeraude, un chapeau vert comme la mer et des chaussures vertes comme une jument. Ils ont aussi, souvent, une petite canne verte avec un petit pommeau d'argent.
Les farfadets sont très timides. Ils se promènent seuls ou par deux. Un farfadet peut marcher sans faire plus de bruit que ne le ferait un oiseau et être aussi invisible qu'un brin d'herbe parmi les fougères. La seule façon d'apercevoir un farfadet, c'est par le reflet du soleil ou de la lune sur le pommeau d'argent de sa canne. Si les farfadets sont si discrets, c'est parce que cela leur permet de faire des blagues. Ce sont eux qui lèvent la racine qui fera trébucher dans le sentier, eux encore qui, des kilomètres à la ronde, avertissent les maringouins de la présence d'un groupe de Louveteaux ou d'Exploratrices. Bien sûr, ce sont eux qui empêchent le réveil matin de fonctionner la semaine, mais qui le font sonner le samedi matin. Et surtout, ce sont eux qui cachent tout ce qu'on cherche, qui égarent les crayons, qui chipent les mitaines et font disparaître les clefs. Quand vous perdez quelque chose, c'est qu'un farfadet vous a joué un tour.
Mais revenons à notre affaire, celle de savoir d'où viennent les étoiles. Là d'où viennent les étoiles, il y a des prés d'herbe verte et de fleurs blanches qui reflètent la lumière du soleil, des fleurs toujours écloses et jamais fanées. Là l'herbe ne croît ni ne flétrit, elle ne s'incline ni ne s'agite, car il n'y a pas de vent. Il ne se passe rien, tout est toujours pareil, indifférent. Il n'y a aucun malheur, aucun bonheur. Le jour ne passe pas. La nuit ne vient pas.
Il n'y a que le soleil perpétuellement à midi et, sous le ciel bleu sans nuages, que les lacs sans vague et les prés immobiles. Étrangement, là d'où viennent les étoiles, il n'y a même pas d'étoile. Comment, pensez-vous, des étoiles peuvent-elles venir d'un endroit où elles ne sont pas?
Voilà ce qui se produisit : venant de nulle part, un farfadet, tout occupé à chanter un air vif, à danser dans le sentier et aussi, sans doute, à préparer quelque blague, se trompa de chemin et parvint accidentellement dans la contrée sans temps et sans étoiles. La venue du petit lutin fut un événement. Tout changea. Il fallait bien la magie d'un petit génie pour changer les choses, pour briser une telle indifférence. À partir de là, avec le temps, des choses nouvelles se produisaient. D'un petit geste, d'un simple faux-pas, le petit lutin introduisit un événement dans le monde immobile.
L'air s'agitait sur le passage du petit génie, l'herbe s'inclinait et les fleurs bougeaient. Sa chanson faisait vibrer l'air et de son souffle venait une brise légère qui faisait frémir la surface de l'eau. Et surtout, le regard heureux et admiratif du farfadet se posa sur les fleurs qui, ainsi, pour la première fois, furent belles. Le vent, nouveau né, emportait maintenant la vapeur d'eau des lacs et des océans. Dans le ciel se formaient des nuages.
Le soleil entra lui aussi dans cette nouvelle ronde. Il se mit lui aussi à bouger et à changer. Il se déplaça vers l'Ouest, allongeant de plus en plus les ombres, et inventant en se couchant des couleurs nouvelles que reflétaient les eaux et qu'apprenaient les fleurs. Presque toutes les fleurs recueillirent les couleurs du soleil couchant, remplissant les champs de mauve et de rose, de rouge et d'orange.
Puis vint la première nuit du monde. Dans le ciel, monta la lune pour la première fois. De cette lumière argentée, les dernières fleurs encore blanches apprirent à briller dans le noir. Toute la nuit, les champs brillaient de ces milliers de reflets scintillants.
Lorsque vint le premier matin, une chose belle et étrange se produisit. Aux pétales des fleurs colorées, luisaient des petites gouttelettes. Ces petites gouttelettes prirent le nom de rosée, en l'honneur de la première fleur qui s'éveilla ce matin-là. Toutes les fleurs avaient de la rosée, sauf celles couleur de lune. Car elles avaient veillé et brillé toute la nuit. Le soleil montait et bientôt la rosée monta dans l'air chaud. Mais les pétales des fleurs de lune étaient si légers qu'ils montèrent eux aussi. À midi, il n'en restait plus.
Le soleil et la terre, les herbes et les fleurs, l'eau de la mer et des lacs furent alors très tristes. Et lorsque vers cinq heures, tout ce beau monde se mit à pleurer, il y eut la première pluie. Tous pleuraient tant que les fleurs faillirent se noyer.
Lorsque revint la nuit, lorsque le soleil se coucha en étouffant un dernier sanglot, lorsque monta la lune, apparurent au firmament des milliers de pétales scintillants. Tous furent consolés.
Depuis, toutes les nuits, accompagnant la lune, brillent ces pétales qu'on nomme étoiles.

FIN
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Fees

Le Cercle des fées


n jour, un garçon d'une douzaine d'années avait mené le troupeau de moutons de son père sur les pentes du Petit-Freni, non loin du village de Crymych. Quand il fut arrivé à la pâture, il y avait encore un peu de brouillard autour du sommet de la montagne, et le garçon essayait de voir d'où était venu ce brouillard. Les gens du pays disait en effet que, lorsque le brouillard venait du côté de Pembroke, il ferait beau, mais s'il venait de Cardigan, il ferait mauvais.

Comme il regardait autour de lui ce paysage tranquille et silencieux, la surprise le fit tout à coup sursauter : il apercevait en effet, sur les pentes du Grand-Freni, un groupe de gens qu'il croyait bien être des soldats, en train de s'affairer en cercle, comme pour un exercice. Mais le garçon commençait à connaître les habitudes des soldats, et il se dit lui-même qu'il était trop tôt dans la journée pour ceux-ci fussent déjà là. Laissant le troupeau pâturer tranquillement sous la garde des chiens, il marcha dans cette direction et, quand il fut plus près, il constata que ce n'étaient pas des soldats qu'il voyait ainsi, mais des gens appartenant au peuple féeri-que. Et ils étaient occupés à danser en rond, sans se soucier de ce qui se passait autour d'eux.

Le garçon avait entendu bien des fois les vieux du village parler des fés et, lui-même, il avait vu souvent les cercles qu'avaient laissées les "petites gens" sur l'herbe, le matin, après avoir dansé toute la nuit. Mais il n'en avait jamais encore rencontré. Sa première idée fut de retour-ner en hâte à la maison pour raconter à ses parents ce qu'il avait vu, mais il renonça à ce projet, se disant que les fées risquaient de ne plus être là lorsqu'il reviendrait.

Il se décida à approcher prudemment pour mieux les observer. De toute façon, il savait bien que les "petites gens" ne l'attaqueraient pas : tout ce qu'il craignait, c'est qu'elles disparaissent lorsqu'elles se seraient aperçues de la présence d'un être humain. Il s'avança donc le long des haies pour mieux se dissimuler et parvint ainsi sans encombre le plus près possible du cercle. Là, il se tint immobile et ouvrit les yeux tout grands pour ne rien perdre de la scène. Il put ainsi constater que, parmi les "petites gens", il y avait un nombre égal d'hommes et de femmes, mais tous étaient extrêmement élégants et enjoués. Tous n'étaient pas en train de danser et quelques-uns se tenaient tranquillement à proximité immédiate du cercle, attendant d'entrer dans la ronde. Certaines femmes montaient de petits chevaux blancs fringants. Mais ils portaient tous de beaux vêtements de différentes couleurs, et c'est parce que certains d'entre eux avaient des habits rouges que le garçon avait pensé à des soldats.

Il était là, en pleine contemplation de ce spectacle inhabituel, quand les "petites gens" l'aper-çurent. Au lieu de paraître hostiles ou de s'enfuir, elles lui firent signe d'entrer dans le cercle et de se joindre à leurs danses. Il n'hésita pas, mais, dès qu'il fut entré dans le cercle, il entendit la plus douce et la plus irrésistible musique qu'il connût. Immédiatement, sans comprendre ce qui se passait, il se retrouva au milieu d'une élégant demeure, aux murs recouverts de tapisse-ries de toutes couleurs. Des jeunes filles ravissantes l'accueillirent et le conduisirent dans une grande salle où des nourritures appétissantes étaient disposées sur une table. Elles l'invitèrent à manger, et le garçon, qui ne connaissait guère que les habituelles pommes de terre au lait de beurre qui constituaient le repas de la ferme, se régala avec des plats d'une exquise finesse, tous à base de poissons. Et on lui donna à boire le meilleur vin qui fût, dans des coupes d'or serties de pierres précieuses.

Le garçon se croyait au paradis. La musique et le vin l'engourdissaient, et la vue de ces jeunes filles empressées autour de lui le ravissait. L'une d'elles lui dit alors d'un ton aimable :

- Tu peux rester ici autant que tu veux. Tu te réjouiras avec nous jour et nuit et tu auras à manger et à boire autant que tu le désires. Mais il ya une chose que tu ne devras jamais faire : c'est de boire l'eau du puits qui se trouve au milieu du jardin, même si tu as très soif, car alors, tu ne pourrais plus demeurer ici.

Le garçon se hâta d'assurer qu'il prendrait grand soin à ne pas enfreindre cette interdiction. Et quand il fut bien rassasié, les jeunes filles l'emmenèrent danser. Il ne se sentait pas fatigué le moins du monde et se sentait capable de s'amuser ainsi durant sa vie entière. Jamais il n'avait été à une telle fête, jamais il n'avait éprouvé une telle joie, un tel bonheur de se trouver au milieu d'un luxe inconnu, avec des gens élégants et ditingués qui le traitaient ainsi avec dou-ceur et courtoisie. Il lui arrivait de penser à la ferme, à son troupeau, à ses parents, mais il chassait vite ces images de son esprit pour mieux s'absorber dans la danse et la musique.

Un jour, cependant, comme il prenait l'air dans le jardin, au milieu des fleurs les plus belles et les plus parfumées, il s'approcha du puits et se pencha pour voir ce qu'il y avait à l'intérieur : il aperçut une multitude de poissons brillants qui frétillaient et qui renvoyaient vers lui la lumière du soleil. Alors, il ne put résister : il tendit son bras et sa main toucha la surface de l'eau.

Aussitôt, les poissons disparurent et un cri confus se répendit à travers le jardin et la demeure. La terre se mit à trembler brusquement et le garçon se retrouva au milieu de son troupeau, sur la pente du Petit-Freni. Il y avait toujours la brume au sommet de la montagne, mais le garçon eut beau chercher partout, il ne put découvrir aucune trace du cercle, aucune trace du puits ni de la demeure des fées. Il était seul sur la montagne, et ses moutons paissaient paisiblement comme si rien ne s'était passé.
FIN
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Frappeurs
Gnomes

our la plupart, ils habitent dans les bois, même si certains ont choisi de demeurer chez les hommes… Distribuant châtiments ou récompenses selon les mérites de chacun, ils sont cependant moins facétieux que les elfes ou les lutins (plus rares). Ils sont là et pourtant nous ne pouvons les voir… Seuls ceux d’entre nous à qui Dame Nature n’est point indifférente et qui lui sont attentifs avec sagesse et discernement auront peut-être la chance de les rencontrer.
Sur le Plateau de Millevaches près de Meymac, nous avons pu interviewer des habitants de la forêt qui ont eu la chance d’entrer en contact avec un gnome… Ce sont d’attentives personnes qui occupent leur temps à guider des enfants, des petits et des grands enfants, vers les secrets du bois, de la tourbière ou de la lande, à pas de velours pour ne troubler aucune de ces quiétudes…
Un soir, comme ils étaient à l’affût d’un blaireau, attendant son passage pour goûter le bonheur simple de l’observer, ils aperçurent au loin, sur fonds de crépuscule, un être très petit et coiffé d’un bonnet rouge et pointu…
Tout excités, les membres du petit groupe décidèrent de cesser là leur guet et de rentrer au plus tôt vers le bercail : ils avaient hâte de mener leur enquête et de trouver le livre qui leur livrerait la clef de l’énigme. Foin des clef d’identification des fleurs, oiseaux ou petits mammifères, il fallait dénicher les grimoires qui leur parleraient des créatures magiques si rares sur le chemin des hommes.
C’est à une heure avancée de la nuit pleine de silence et lumineuse de lune qu’ils découvrirent enfin l’objet de leur quête. C’était bien un gnome qui avait croisé le sentier, plus haut entre les arbres. L’illustration qu’ils découvrirent était d’ailleurs tout à fait ressemblante : bonnet rouge, chemise bleue et culotte marron, il portait une barbe qui lui battait les genoux et ne mesurait pas plus de 14 cm !
Fiers et heureux ils s’endormirent jusqu’au matin.
Le lendemain dès l’aube et à peine avalés tartines épaisses et lait fumant, ils retournèrent sur le lieu de leur surprise à la recherche d’hypothétiques indices ou traces laissés là par mégarde et qui prouveraient bien qu’ils n’avaient pas rêvé… Oh merveille, sans doute dérangé dans son travail, le tout petit être avait abandonné sur place flèches, arc et outils variés laissant à penser qu’il était lui aussi sans doute à l’affût de quelque petit animal à chasser. Ainsi donc, ils n’étaient pas revenus pour rien !
Nos amis de Meymac nous contèrent que quelques jours plus tard, comme ils s’en retournaient d’une cueillette destinée à la préparation de tartes aux baies des bois, ils découvrirent glissé sous la porte un message signé « votre ami des bois au bonnet rouge »… En effet, il faut savoir qu’il suffit à un gnome d’avoir croisé votre route et reconnu vos pas pour savoir ce qui se passe à l’intérieur de vous… Confiant donc dans la bonté du cœur et la largesse de l’esprit de ces paisibles habitants, le gnome demandait de l’aide pour rétablir la quiétude dans un clairière éloignée où venaient d’être déposés divers déchets et qui menaçaient le ruisseau coulant tout près… La présence de piles l’inquiétait au premier chef et des sacs plastique avaient failli étouffer la loutre qui l’aidait à traverser le petit cours d’eau.
Malgré une force musculaire proportionnellement 7 fois plus élevée que celle d’un homme, il avait bien besoin d’un coup de main pour que ce nettoyage ne souffre aucun retard… Ainsi donc commença une histoire d’entraide et d’amitié entre ce gnome, sa famille et nos amis.

FIN
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Goblins

Hobbits

Knockers - Heurtois

om Trevorrow and the Knockers.

En cours de traduction.


On the wild sea-lashed cliffs west of St. Just in the Land's End is one of the oldest mines in Cornwall. This is Ballowal, worked for tin, some say, even before the Flood. A hundred years or so ago, any St. Juster would tell you that thousands of spirits haunted this wild and lonely place, not only knockers but also ugly spriggans who guarded the centuries' old workings of Ballowal as well as the mineral riches and tools left behind by miners long dead and gone. It was enough to daunt the staunchest working man. One such was Tom Trevorrow, a miner from Trencrom who came down to St. Just seeking work and found himself a job in Ballowal, along with his eldest boy.

From the start, Tom was conscious of Knockers in the mine. Wherever they were working, they appeared to be coming nearer and nearer to Tom's own pitch, for the noise of their tiny shovels and picks daily grew louder. In fact, in the end they started to irritate him. He began to realise that, in some way, they could see him at work and that, whenever he made a clumsy stroke, their tee-heeing and squeaking - quite bad enough in the ordinary way - grew much noisier. One day he lost his temper.

"Get out of it you old Jews' sperrats!" he cried, throwing a handful of broken stones along the dark level where he worked. "Or I'll scat your brains out!" At once a shower of loose rock fell about him and scared him out of his wits for a moment. But Tom was rather a happy-go-lucky fellow, so shrugged his shoulders and resumed work. After a while, he sat down to eat a meal he had brought underground. There was silence as he made his way through the solid meat fuggan and then ,as he came to the last crumbs, a chorus of squeaky voices rang out: "Tom Trevorrow! Tom Trevorrow! Leave some of thy fuggan for Bucca, Or bad luck to thee tomorrow!" Foolishly, Tom ate the last morsel. His candle was almost burnt out and he felt very sleepy. For the last week he had worked almost without ceasing and his eyes were heavy, his limbs very tired. Against his will, he fell fast asleep.

When Tom awoke, the level was dark and silent. Before him were dozens of knockers, also resting. As he stirred, their ugly heads all turned to look at him and, in a game of follow-my-leader - for the most horrid of them seemed to command them - they leered at him between their spindly shanks, thumbed noses, squinted their eyes and pulled the most frightening faces. Tom was very scared and thought it best to light another candle. To his great relief they vanished, there and then, like smoke and he made his way to the surface as fast as his stiff, cold bones would allow.

Tom's friends all shook their heads when they heard of his foolish treatment of the knockers but he was not one to worry overmuch about such things and in the morning set off to bal as cheerful as a cricket. The first thing he noticed was that some of the timbering supporting the level was about to give way. Tom and his boy repaired this in an hour or so, the knockers, of course, working away close at hand, almost knock for knock. The two then decided to get some of their tin ore up to the surface. To do so, they had first to repair a small shaft and windlass and it was then that the disaster occurred. As Tom busied himself repairing the timber, he noticed the knockers hammering closer and closer to the spot where he worked. Then suddenly without warning, the ground began to move beneath his feet. Against the downward rush of rock and timber, his son desperately pulled him to safety and when Tom, safe and sound, was able to recover himself, he saw that all the ore which they had won over the past weeks, as well as their tools, had gone down the shaft with the rest. It was a miracle that he had not been killed.

Tom's ill-luck was a sharp lesson to all he knew. It persisted for years, not only at Ballowal but during the dreadful days when he was forced to turn to farm work to make a living. In the end, it was his wife who brought about a change in poor Tom's fortunes by visiting a "white witch" who, in secret conclave with the unlucky miner, finally broke the spell of ill-wishing by the vindictive knockers.

FIN
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Kobolds
Korrigans

iantec, il y avait autrefois une veuve qui avait un fils. Tous deux vivaient pauvrement, et ils étaient obligés de tirer la charrue à tour de rôle parce qu'ils n'avaient pas assez d'argent pour acheter une paire de boeufs. Néanmoins, la veuve tirait parti de tout ce qu'elle pouvait et sa cabane était tenue très proprement. On ne tarissait pas d'éloges sur elle, dans le pays, et on aurait bien voulu qu'elle se tirât d'affaire. Malheureusement, les temps étaient rudes alors, et personne ne pouvait les aider autrement qu'en leur donnant parfois du pain et quelques galettes de blé noir. Cela n'empêchait pas le fils d'être un beau garçon courageux au travail.

Or, une nuit, la veuve eut un songe : elle se vit dans une grande forêt à la poursuite d'un attelage tiré par deux boeufs blancs et noirs. Au bout d'une course épuisante, elle parvenait enfin à rattraper l'attelage et elle le ramenait à la maison. Elle fut très impressionnée par ce rêve, et, le matin, elle dit à son fils :
- Allons à la foire d'Hennebont pour y chercher une paire de boeufs.
- Mais, ma mère, répondit le fils, nous n'avons pas le moindre argent !
- Cela ne fait rien, dit-elle, je sais que j'en trouverai.

Ils partirent donc pour la foire d'Hennebont. Ils marchaient d'un pas rapide et, à la croisée de trois chemins, ils virent un petit homme sortir de dessous la terre et venir vers eux.
- Où allez-vous comme cela ? demanda le petit homme.
- À la foire, à Hennebont, répondit le fils, pour acheter une paire de boeufs. Mais nous n'avons pas d'argent pour payer.
- Si vous descendez avec moi dans ce trou, dit le petit homme, et si vous savez vous comporter comme il faut, je vous garantis que vous ne manquerez de rien.

Ils suivirent le petit homme et s'engagèrent dans un trou, au milieu d'un buisson. Le trou leur paraissait bien trop petit pour eux, mais quand ils descendirent, ils ne sentirent aucun gêne. Ils furent alors saisis d'étonnement, car ils se trouvaient dans une grande maison remplie d'enfants qui n'étaient pas plus grands qu'un sabot de bois. C'étaient tous des korrigans. On leur dit que le père était très malade et sur le point de mourir, mais que s'ils connaissaient quelque remède, ils en seraient récompensés largement. La veuve réfléchit et demanda qu'on allât lui chercher des herbes. Les korrigans sortirent et revinrent peu après, apportant ce que la femme avait demandé. Alors elle confectionna des tisanes et les fit boire au malade. Celui-ci commença à se sentir mieux.
- Si vous sauvez mon mari, leur dit la mère des korrigans, vous ne manquerez jamais plus de rien.

Ils restèrent là trois jours et trois nuits à soigner le père des korrigans, mais ils ne trouvaient pas le temps long et s'imaginaient être là seulement depuis trois heures. Le père des korrigans fut bientôt guéri. Il dit à la veuve et à son fils
- Venez avec mon épouse et moi-même. Nous vous donnerons une maison et tout ce qu'il faut pour bien y vivre.
Ils arrivèrent à un grand bois dont les arbres n'avaient pas été élagués depuis bien longtemps. Le korrigan se dirigea vers une grosse pierre que, malgré sa petite taille, il souleva sans difficulté. Il y avait là un trou, très profond, mais très étroit, comme celui que la veuve et son fils avaient emprunté pour aller chez les korrigans. Le petit homme leur demanda d'y pénétrer. Ils descendirent et furent bien étonnés de ce qu'ils voyaient : il y avait là une grande maison, avec de beaux meubles et de la vaisselle abondante, et de bons lits avec des couvertures. Par la fenêtre, on voyait une prairie bien verte, avec des vaches et des boeufs qui paissaient.

- Tout cela est à vous, dit le père des korrigans. Vous mérité puisque vous m'avez sauvé la vie. Mais je dois vous avertir qu'un grave danger vous menace. Dans huit jours, quelqu'un viendra ici. C'est mon père. Il est vieux et très méchant. Il viendra ici pour vous effrayer et tenter de vous chasser. Si vous refusez de partir, il vous tuera après avoir prononcé contre vous toutes sortes de malédictions. Mais je vais vous dire ce qu'il faut faire. Quand vous l'entendrez arriver, que la mère se place au pied du lit tandis que le fils se cachera dessous. Mon père aura un énorme couteau et un revolver à sept coups, mais quand il tirera, jetez-vous par terre et il ne pourra vous atteindre. Il essaiera alors de vous tuer avec son couteau et c'est alors que votre fils interviendra. Mais, je vous l'assure, s'il vous attrape, il vous tuera.

La huitième nuit, la mère et le fils entendirent un grand bruit et commencèrent à trembler. Ils virent le vieux korrigan qui tempêtait et jurait.
- Ah ! criait-il, je vous vois et vous êtes à moi !
Il les pousuivait l'un et l'autre. La mère se plaça au pied du lit tandis que le fils se cachait dessous. Il tira sept coups de revolver, mais la veuve s'était jetée par terre et elle ne fut pas atteinte. Alors, le vieux korrigan brandit son couteau, qui était presque aussi grand que lui-même, et se précipita vers la pauvre femme. Mais, à ce moment, le fils sortit de dessous le lit et lui coupa la tête. Alors, à ce même moment, arrivèrent des korrigans en grand nombre, ils étaient sûrement plus d'une centaine. Ils riaient et dansaient de joie en répétant :
- Que s'est-il donc passé ici ? Que de plaisir nous allons avoir ! Il est mort, le barbare, le cruel qui nous tyrannisait ! Nous allons faire la fête. Nous danserons et nous planterons un arbre en signe de notre liberté.
Et les korrigans manifestaient bruyamment leur joie. Quant à la veuve et son fils, ils vécurent tranquillement dans la maison que leur avaient donnée les korrigans, et ils ne manquèrent jamais de rien.

FIN
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Lepréchiens

ne vieille légende Irlandaise nous raconte qu'un jeune-homme conduisait une carriole de tourbe pour gagner sa vie.C'était un garçon calme et mélancolique-on avait même murmuré que c'etait un enfant échangé par les elfes-,qui aimait les livres plus que tout au monde, et qui en lisait autant que sa pauvreté l'y autorisait.
Un jour il apprit dans un vieux volume que les Léprechiens connaissent les endroits où est caché de l'or. Avec cet or il pourrait acheté tout les livres de ses rêves. Alors jour après jour, il se mit à guetter du regard et de l'ouïe, à attendre le bruit sec du marteau du cordonnier.
Un beau soir au déclin du soleil, il vit un Léprechien sous une feuille de néflier.Le jeune-homme arriva par derrière en rampant, le saisi par le col et refusa de le lâcher tant qu'il n'aurait pas révélé la cachette de l'or."Inutile d'employé la force , lui dit le petit être, car toi et moi sommes cousins germains".Ce garçon était bien un bébé échangé à la naissance, et comme il faut être de la race des elfes pour toucher de l'or, rien ne s'opposait à ce qu'il soit choisi.L'or était dans un ancien fortin où ils entrèrent par une ouverture percée dans un mur de pierre.
Le sol était couvert de pièces luisantes."Prends ce que tu veux, dit le Léprechien, mais fais vite, car quand la porte se ferme c'est pour l'éternité".Le garçon en prit tant qu'il put et les porta dehors.Il revenait pour un second voyage quand la porte de pierre se ferma dans un bruit de tonnerre.Le Léprechien avait disparu.Le jeune-homme porta son or à Dublin, dans une banque. Il devint un homme riche , mais ses dépenses furent bien avisées, et il vécut fort savant et fort sage.Jusqu'à ce jour ses descendants sont riches et prospères.


FIN
Lutins

La maison du lutin


coutez tous, écoutez bien, élargissez vos coquillages, nettoyez bien vos grandes feuilles... » Celui qui parle est un vieux lutin des forêts, un très ancien, très vieux, très sage et très savant lutin.

Il est raconteur d'histoires aussi. Mais attention, ce sont des histoires vraies, vraies de vraies : comment les lutins sont arrivés sur terre, comment ils ont fait alliance avec les animaux de la forêt, leur lutte incessante avec les sorcières, leurs ruses pour toujours rester invisibles aux yeux des adultes et comment choisir un enfant pour qu'il devienne ami des lutins et...leur construise des maisons !!!....

Ce jour-là, le vieux lutin a rencontré des enfants qui se promènent en forêt, enfin, qui s'ennuient en forêt, ils n'aiment pas tellement ça, marcher, marcher...et il leur explique la manière de faire...

« C'est mieux si vous êtes à deux ou trois, c'est plus amusant. Il faut choisir un grand arbre, un arbre qui vous plait, avec de belles branches et des feuilles pas encore ouvertes tout à fait (Si c'est au printemps. De toute façon, c'est mieux de s'y prendre au printemps...) Mais c'est le pied de l'arbre surtout qui compte, là où les racines commencent...Plus c'est tordu, noué, avec des creux et des bosses, mieux c'est. Surtout, l'arbre doit être situé bien à l'abri des regards indiscrets ! Vous nettoyez bien autour du tronc avec des branchages, vous enlevez les vieilles feuilles sèches et les brindilles. Puis, vous prenez votre sac et : à la découverte !

Laissez -vous guider par vos yeux, par votre nez, vers des mousses douces, des cailloux colorés et bien ronds, des écorces de bouleau et des graines de toutes les formes. Certaines sont germées déjà, alors il faut les laisser,elles deviendront des arbres. Il y a les châtaignes, les glands, les hélices, d'autres graines rondes comme des billes... Mettez tous vos trésors dans votre sac.

Prenez aussi des jolis bâtons et des feuilles bien sèches, pas abîmées : il y en a qui sont toutes en dentelle, elles sont rares mais nous les aimons beaucoup... Quand votre sac est plein, vous déposez toutes vos découvertes au pied de l'arbre, les cailloux et les pierres ensemble, les feuilles et les graines à part etc...

Ensuite, l'un après l'autre et sans vous disputer, vous disposez vos merveilles à l'endroit bien nettoyé... Parfois, il y a de la sciure quand les bûcherons sont passés, vous pouvez faire un lit de sciure, on adore !...La mousse fera nos lits, les écorces, les tables et les chaises peut-être un toît, si ça tient...Un jour, un enfant m'a fait une balançoire avec une branche fourchue et une écorce...Bref, laissez faire votre imagination... Et la nuit, quand tout sera calme et la forêt endormie, nous sortirons de dessous l'arbre et nous viendrons visiter notre nouvelle maison. Si elle nous plait, nous l'habiterons. Mais, avant de partir, quand vous avez fini de tout installer, il y a encore une chose très importante à accomplir : Il faut, chacun votre tour, saluer et remercier l'arbre qui accueille cette nouvelle maison de lutin, saluer et remercier les pierres, les herbes, le vent et les insectes, la forêt entière...

Puis chanter et danser autour de l'arbre. Nous vous entendrons sous la terre et nous aussi nous chanterons et danserons pour notre nouvelle maison !!!»

Le vieux lutin s'éclipse en un instant comme s'il a encore cent ans et les enfants se font la promesse de revenir demain installer une magnifique maison à leurs nouveaux amis...

FIN
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Nains

l était un cordonnier qui, par suite de malheurs, était devenu si pauvre, qu'il ne lui restait plus de cuir que pour une seule paire de souliers. Le soir il le tailla afin de faire les souliers le lendemain matin ; puis, comme il avait une bonne conscience, il se coucha tranquillement, fit sa prière et s'endormit. Le lendemain, à son lever, il allait se mettre au travail, quand il trouva la paire de souliers toute faite sur sa table. Grande fut sa surprise ; il ne savait ce que cela voulait dire. Il prit les souliers et les considéra de tous côtés ; ils étaient si bien faits qu'ils n'y avait pas un seul point de manqué ; c'était un vrai chef-d'oeuvre. Il entra dans la boutique un chaland, auquel ces souliers plurent tant qu'il les paya plus cher que de coutume, et qu'avec cet argent le cordonnier put se procurer du cuir pour deux autres paires. Il le tailla le soir même et s'apprêtait à y travailler le lendemain matin, quand il les trouva tout faits à son réveil ; et cette fois encore les chalands ne manquèrent pas, et, avec l'argent qu'il en tira, il put acheter du cuir pour quatre autres paires. Le lendemain matin, les quatre paires étaient prêtes, et enfin tout ce qu'il taillait le soir était toujours terminé le matin suivant de façon qu'il trouva l'aisance et devint presque riche. Un soir, aux environs de Noël, comme il venait de tailler son cuir et qu'il allait se coucher, il dit à sa femme :
Si nous veillions cette nuit pour voir ceux qui nous aident ainsi ? La femme y consentit et, laissant une chandelle allumée, ils se cachèrent dans la garde-robe, derrière les vêtements accrochés, et attendirent. Quand minuit sonna, deux jolis petits nains tout nus entrèrent dans la chambre, se placèrent à l'établi du cordonnier et, prenant le cuir taillé dans leurs petites mains, se mirent à piquer, à coudre à battre avec tant d'adresse et de promptitude qu'on n'y pouvait rien comprendre. Ils travaillèrent sans relâche jusqu'à ce que l'ouvrage fut terminé, et alors ils disparurent tout d'un coup. Le lendemain, la femme dit :
Ces petits nains nous ont enrichis ; il faut nous montrer reconnaissants. Ils doivent mourir de froid, à courir ainsi tout nus sans rien sur le corps. Sais-tu ? je vais leur coudre à chacun chemise, habit, veste et culotte et leur tricoter une paire de bas ; toi, fais-leur à chacun une paire de souliers. L'homme approuva fort cet avis ; et le soir, quand tout fut prêt, ils placèrent ces présents sur la table au lieu de cuir taillé, et se cachèrent encore pour voir comment les nains prendraient la chose. À minuit, ils arrivèrent, et ils allaient se mettre au travail, quand, au lieu du cuir, ils trouvèrent sur la table les jolis petits vêtements. Ils témoignèrent d'abord un étonnement qui bientôt fit place à une grande joie. Ils passèrent vivement les habits et se mirent à chanter : Ne sommes-nous pas de jolis garçons ? Adieu cuir, souliers et chaussons ! Puis ils commencèrent à danser et à sauter par dessus les chaises et les bancs, enfin, tout en dansant ils gagnèrent la porte. À partir de ce moment, on ne les revit plus ; mais le cordonnier continua d'être heureux le reste de ses jours, et tout ce qu'il entreprenait lui tournait à bien. > II Il y avait une fois une pauvre servante qui était active et propre ; elle balayait tous les jours la maison et poussait les ordures dans la rue devant la porte. Un matin, en se mettant à l'ouvrage, elle trouva une lettre par terre ; comme elle ne savait pas lire, elle posa son balai dans un coin et porta la lettre à ses maîtres : c'était une invitation de la part des nains magiques, qui la priaient d'être marraine d'un de leurs enfants. Elle ne savait que décider ; enfin, après beaucoup d'hésitations, comme on lui dit qu'il était dangereux de refuser, elle accepta. Trois nains vinrent la chercher et la conduisirent dans une caverne de la montagne, où ils demeuraient. Tout y était d'une extrême petitesse, mais si joli et si mignon qu'on ne saurai dire combien. L'accouchée était dans un lit d'ébène incrusté de perles, avec des couvertures brodées d'or ; le berceau de l'enfant était en ivoire et sa baignoire en or massif. Après le baptême, la servante voulait retourner tout de suite chez ses maîtres, mais les nains la prièrent instamment de rester trois jours avec eux. Elle les passa en joie et en fêtes, car ces petits êtres lui faisaient le plus charmant accueil. Au bout de trois jours, comme elle voulut absolument s'en retourner, ils lui remplirent ses poches d'or et la conduisirent jusqu'à la sortie de leur souterrain. En arrivant chez ses maîtres, elle se remit à son travail ordinaire et reprit son balai au coin même où elle l'avait laissé. Mais il sortit de la maison des étrangers qui lui demandèrent qui elle était et ce qu'elle voulait. Elle apprit alors qu'elle n'était pas restée trois jours, comme elle croyait, mais sept ans entiers chez les nains, et que pendant ce temps-là ses maîtres étaient morts. III Un jour les nains prirent à une femme son enfant au berceau, et mirent à la place un petit monstre qui avait une grosse tête et des yeux fixes et qui voulait sans cesse à manger et à boire. La pauvre mère alla demander conseil à sa voisine. Celle-ci lui dit qu'il fallait porter le petit monstre dans la cuisine, le poser sur le foyer, allumer du feu à côté, et faire bouillir de l'eau dans deux coquilles d'oeufs ; cela ferait rire le monstre, et si une fois il riait, il serait obligé de partir. La femme fit ce que sa voisine lui avait dit. Dès qu'il vit les coquilles d'oeuf pleines d'eau sur le feu, le monstre s'écria : Je n'avais jamais vu, quoique je sois bien vieux, Faire bouillir de l'eau dans des coquilles d'oeufs. Et il partit d'un éclat de rire. Aussitôt il survint une foule de nains qui rapportèrent l'enfant véritable, le déposèrent dans la cheminée et reprirent leur monstre avec eux.

FIN
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Ondines

es Ondines sont des Esprits aquatiques du Pays de Galles, de merveilleuses Fées des Eaux qui prennent parfois des mortels pour époux. Une légende bien connue conte l’aventure d’un jeune homme qui faisait paître son troupeau au bord d’un petit lac dans la région des montagnes Noires. Un jour il vit sur les eaux du lac, la plus enchanteresse des créatures qui ramait lentement de-ci, de-là dans une barque dorée. Il éprouva aussitôt un grand amour et lui offrit un peu du pain qu’il avait apporté de chez lui pour son repas de midi. Elle répondit que le pain était trop dur et disparut dans les profondeurs du lac.

Le lendemain, la mère du jeune homme lui donna un peu de pate non cuite qu’il offrit à la Fée, mais elle lui répondit que c’était trop mou et disparut une fois encore. Le troisième jour, sa mère lui donna du pain à peine doré, et elle l’accepta. Mais il y eut tout à coup trois personnages surgis des eaux : un vieil homme escorté de deux jeunes filles, aussi belles l’une que l’autre. Elles étaient jumelles et leur père dit au jeune homme qu’il lui donnerait la fille qu’il aimait s’il était capable de la désigner.

Le paysan, désespéré, allait abandonner quand l’une d’elles eut un léger mouvement du pied ; il reconnut sa pantoufle et ainsi gagna sa main.

La Fée reçut en mariage une fort belle dot et ils furent très heureux ensemble. Mais on avait prévenu le jeune homme qu’il perdrait sa belle épouse s’il la frappait trois fois sans raison, et il se trouvait que malgré leur bonheur indiscutable, l’Ondine avait parfois des manières étranges de son peuple : elle pouvait pleurer à un mariage, de même que rire et chanter aux funérailles d’un enfant, et cela fit que son mari bien-aimé lui en fit trois fois le reproche d’une tape plus tendre que violente, mais qui suffit néanmoins à les séparer. Elle ne délaissa pas pour autant ses fils et leur apprit les secrets de nombreuses guérisons si bien qu’ils devinrent des médecins célèbres.

FIN
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Trolls

Finlande
Conte
par Magnus Lindberg

l était une fois un petit troll installé sous un pont qui enjambait une rivière.
Etait-ce le troll qui avait fait passer la rivière par là pour que l'eau arrose la forêt et les champs? Non, ce n'était pas lui.
Etait-ce le troll qui avait construit le pont pour aller d'un côté de la rivière à l'autre? Non, ce n'était pas lui non plus.
Pourtant le troll, comme tous les autres trolls qui vivent sous les ponts, pensait que la rivière était sa rivière et que le pont était à lui, et à lui seul.
Il était assis sous le pont et attendait que quelqu'un passe. Il n'eut pas à attendre longtemps.
Un petit chevreau, tout fluet, arriva. Il se disait que de l'autre côté de la rivière l'herbe était bien plus belle, bien plus savoureuse. Il avait sans doute raison.
Mais il ne voulait pas traverser la rivière à la nage; alors il passa sur le pont.
Le troll entendit les pas sautillants du chevreau et sortit de sa cachette.
- Qui va sautillant sur mon pont? s'écria-t-il.
- Ce n'est que moi, répondit le petit chevreau.
- Je vais te manger, dit le troll en montrant ses horribles dents.
- Non, ne fais pas ça, dit le petit chevreau. Ne me mange pas, mange plutôt mon frère, il est bien plus gros et meilleur que moi.
Le troll regarda alors le petit chevreau et prit un air dégoûté; c'est vrai qu'il avait l'air maigrichon et pas vraiment appétissant.
- D'accord, je crois que je vais attendre ton frère, dit le troll.
Et il retourna se cacher sous le pont.
Il était là, à marmonner, lorsqu'il entendit caracoler sur le pont.
- Qui va caracolant sur mon pont? cria le troll en bondissant hors de sa cachette.
- C'est moi, répondit le deuxième chevreau, le frère cadet, parce que c'était effectivement lui et qu'il ne disait jamais de mensonges.
- Ah, c'est toi le chevreau que je vais manger! dit le troll en se léchant les babines.
- Ce serait stupide de faire ça, tu ferais mieux d'attendre un peu, mon grand frère va bientôt arriver et il est bien plus gras et meilleur que moi.
- Et qu'est-ce qui me dit qu'il va vraiment venir? demanda le troll.
Il faut dire que les trolls qui vivent sous les ponts se croient parfois très intelligents.
- Il viendra parce que les chèvres aiment l'herbe, tu le vois bien toi-même, répondit le deuxième chevreau en se dépêchant de traverser le pont.
Alors le troll retourna s'asseoir sous le pont et se mit à attendre le frère aîné. Soudain, un grondement semblable au tonnerre se fit entendre sur le pont.
- Qui va grondant comme le tonnerre sur mon pont? demanda le troll, osant à peine regarder sur le pont.
Là, il reconnut le grand chevreau, bien que celui-ci n'eût pas répondu. En fait, il était si grand que c'était déjà presque un bouc.
- C'est toi que je vais manger, dit le troll en se glissant lentement hors de sa cachette.
- Vraiment? dit le grand chevreau.
Sans ajouter un mot, il enfourcha le troll de ses cornes pointues et l'envoya dans les airs avec une telle force que le troll vola pendant trois jours et trois nuits avant d'aller s'écraser dans un buisson plein d'épines.
Bientôt, la mésaventure du troll qui habitait sous le pont se répandit tout le long de la rivière et de toutes les autres rivières, et tous les trolls qui gardaient les ponts commencèrent à se faire beaucoup de souci.
Ils prirent peur et décidèrent qu'à l'avenir ils laisseraient les chevreaux aller brouter l'herbe là où elle leur semble la plus verte.

FIN
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