La boite de Pandore

Les hommes vivaient sans femme. Ils poussaient de la terre comme les céréales. Ils ne connaissaient ni la fatigue, ni la vieillesse, ni la souffrance. Ils disparaissaient jeunes dans un calme parfait, comme pendant le som­meil. De belles plantes sans histoire.

Zeus, du haut de son Olympe, leur prépare un cadeau. Il fait façonner, par Héphaïstos, à partir de la terre et de l'eau, une figurine qui aura la belle forme des déesses immortelles. Tous les grands dieux y mettent la main: Athéna lui apprend l'habileté manuelle et Aphrodite, la grâce et le désir. Hermès, sans doute par raillerie, y met le mensonge et la fourberie.

C'est Pandore, divine en apparence, humaine en réalité.

Zeus en fait cadeau à Épiméthée, le frère de Prométhée. Pandore est très belle, toute parée de colliers, de perles, de fleurs, et vêtue des plus somptueux habits. Il la reçoit comme un don du ciel.

Pourtant, cette femme est un leurre, un piège. L'homme n'est désormais plus seul, il doit composer avec elle, avec ses besoins, ses désirs, ses caprices, ses appétits sexuels; il doit la charmer, la satisfaire, la faire vivre et l'honorer pour avoir des enfants. Il est séduit, fasciné et il se découvre possessif, jaloux, parfois même cruel. Fi de la solidarité, de l'entente harmonieuse, de la paix !

La boîte de Pandore

Pandore apporte dans ses bagages une jarre mystérieuse (la « boîte de Pandore »), qu'il est interdit d'ouvrir. Mais, une fois installée comme épouse, dévorée de curiosité, elle en soulève le couvercle. Alors, tous les maux en sortent et se dispersent à travers le monde, se mélangeant aux biens sans qu'on puisse les distinguer les uns des autres.

Souffrances et maladies, vieillesse et mort, mensonges, vols et crimes se répandent dans la nature, dans les villes, dans les maisons, en chacun des hommes.

Pandore, effrayée de cette irruption de maléfices, remet vite le couvercle. La jarre est presque vide: ce qui est cruel, violent, rapide est sorti. Reste seulement, tout au fond, une petite chose qui ne prend pas beaucoup de place, qui ne bondit pas comme les autres, qui est calme et assurée: c'est l'espérance. Mais elle reste enfermée, comme si l'on avait peur d'elle, comme si elle n'avait pas le droit de se propager.

Pandore est un mal, un mal aimé dont on ne peut pas se passer mais aussi qu'on ne peut pas supporter. Elle résume en elle-même toutes les contradictions de la condition humaine.


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